Une zone grise au cœur du filet de sécurité social belge
Le système de sécurité sociale belge est souvent perçu comme un rempart inébranlable contre la précarité. Pourtant, pour de nombreux citoyens, la fin des allocations de chômage marque le début d'une angoisse profonde : celle de basculer dans une invisibilité administrative et financière. La question est récurrente : les chômeurs ont-ils un droit inconditionnel au revenu d'intégration sociale (RIS) via le CPAS ? Pour éclaircir ce point crucial, nous avons rencontré Héloïse Renard, Présidente du CPAS de Tournai.
Le CPAS : Un droit, pas une rente
Contrairement aux idées reçues, le CPAS n'est pas un système d'assurance automatique qui prendrait le relais du chômage sans conditions. « Le CPAS est une aide de dernier recours, soumise à une enquête sociale rigoureuse », explique Héloïse Renard. Pour bénéficier du RIS, la personne doit prouver son état d'indigence, c'est-à-dire l'impossibilité de subvenir à ses besoins par ses propres moyens. L'enquête ne porte pas seulement sur les revenus, mais sur l'ensemble de la situation patrimoniale et familiale du demandeur.
L'activation : Le cœur de l'accompagnement
L'une des missions fondamentales du CPAS est l'activation sociale et professionnelle. Loin de l'image d'un simple distributeur de subsides, le centre mise sur le projet individualisé d'intégration sociale (PIIS). Mme Renard souligne : « Notre rôle est d'accompagner, pas de maintenir dans l'assistance. Chaque bénéficiaire est invité à construire un projet qui peut aller de la formation qualifiante au bénévolat, en passant par un suivi médical ou psychologique. » Ce suivi permet de maintenir un lien avec le monde du travail, évitant ainsi l'isolement social qui accompagne trop souvent les périodes de chômage prolongé.
Selon les données récentes, plus de 160 000 personnes bénéficient du RIS en Belgique, un chiffre qui témoigne de l'importance vitale de cette institution pour prévenir la grande pauvreté.
Conclusion : Vers quel avenir ?
Le système actuel, bien que protecteur, est mis sous tension par l'augmentation des demandes et la complexité des parcours de vie. Héloïse Renard appelle à une réflexion collective : « L'aide sociale ne doit pas être une destination, mais une passerelle. » La question n'est plus seulement de savoir si l'on a droit à une aide à vie, mais comment nous, en tant que société, pouvons recréer les conditions d'une dignité retrouvée par le travail ou par une inclusion sociale valorisante. Et vous, pensez-vous que notre système d'aide sociale est suffisamment adapté aux nouveaux défis du travail précaire ?





