TEC à 384  euros : le symbole d'une Belgique sous pression

TEC à 384 euros : le symbole d'une Belgique sous pression

EuroNewsoctobre 5, 20260 Commentaires
TEC à 384  euros : le symbole d'une Belgique sous pression

La fin programmée de l'abonnement TEC à 12 euros soulève des questions budgétaires majeures. Entre rigueur financière et impact social, décryptage d'un débat clivant.

Nd Rashid
Écrit parNd Rashid
05 octobre 2026
4 min de lecture
RashidOfl

Une fin d'ère pour la mobilité wallonne

Le débat sur la suppression de l'abonnement annuel TEC à 12 euros dépasse désormais le cadre strict des transports en commun pour devenir le révélateur d'une tension budgétaire nationale. En février 2027, le paysage tarifaire wallon sera radicalement transformé, actant la fin d'une forme de quasi-gratuité qui a longtemps servi de pilier à la politique sociale régionale. Yvan Verougstraete, président des Engagés, a placé cette mesure au cœur de sa rentrée politique, utilisant cet exemple pour illustrer une nécessité plus large : la responsabilisation budgétaire d'un pays confronté à une dette persistante.

La fin de la gratuité symbolique : que change concrètement le 1er février 2027 ?

À compter du 1er février 2027, la grille tarifaire du TEC connaîtra une mutation profonde. Si le tarif symbolique de 12 euros a permis à de nombreux citoyens d'accéder à la mobilité sans contrainte financière majeure, la réalité économique a rattrapé les ambitions sociales. Les nouveaux tarifs annoncés frappent particulièrement les catégories les plus fragiles : pour les jeunes de 12 à 25 ans, le coût annuel passera de 12 à 384 euros pour l'abonnement Express. Les bénéficiaires du statut BIM devront, quant à eux, débourser 60 euros.

Pour l'opérateur, cette décision est justifiée par une évaluation interne de 2024 qui n'a pas démontré de corrélation directe entre la baisse des tarifs et une hausse significative de la fréquentation. L'objectif fixé par le contrat de service public est clair : faire passer la part des recettes propres du réseau de 10 % à 14 % d'ici 2027.

L'impact humain : quand le coût de la vie rattrape les usagers

Derrière les chiffres budgétaires, se cachent des réalités humaines souvent invisibilisées. Pour un étudiant ou une personne âgée vivant avec une pension minimale, passer de 12 euros par an à une charge mensuelle récurrente n'est pas une simple révision tarifaire, mais un choc sur le pouvoir d'achat. Les opposants à cette mesure, parmi lesquels le PTB, soulignent le risque d'une précarisation accrue de la mobilité. « Le transport n'est pas un luxe, c'est un droit à l'emploi et à la vie sociale », témoignent régulièrement des usagers lors des conseils communaux. La suppression de cet avantage risque de freiner la mobilité des populations les plus éloignées des centres urbains, là où le réseau Express est vital.

La vision d'Yvan Verougstraete : arbitrer pour pérenniser

Pour Yvan Verougstraete, le dossier TEC est indissociable de la santé financière globale de la Belgique. Son argument repose sur une logique de choix : « La Belgique est trop endettée », martèle-t-il. Selon cette ligne politique, chaque euro investi dans un service public doit être justifié par une efficacité réelle. Si Les Engagés ne prônent pas uniquement l'austérité — proposant d'ailleurs une contribution sur les 5 % des patrimoines financiers les plus élevés pour dégager des marges de manœuvre — ils estiment que la gratuité universelle ou quasi-universelle n'est plus soutenable à long terme sans un effort de contribution plus juste et ciblée.

Vers un nouveau contrat social ?

La question qui se pose aujourd'hui est celle de l'équilibre. Comment assurer la transition écologique et sociale tout en réduisant une dette qui limite notre capacité d'investissement futur ? Le débat budgétaire, estimé entre 7 et 10 milliards d'euros pour les prochaines années, ne fait que commencer. La suppression de l'abonnement à 12 euros pourrait être le premier d'une série de changements structurels dans la gestion des services publics. Au-delà des chiffres, c'est bien la définition même de la solidarité nationale qui est en jeu : devons-nous financer les services par des recettes propres plus élevées, ou par une fiscalité redistributive plus ambitieuse ? Et vous, quel équilibre privilégiez-vous entre la gratuité des services essentiels et la rigueur budgétaire nécessaire pour la pérennité de notre État ?

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Fondateur de Rashid ofl

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